La randonnée en montagne (longue ou courte) est un sport exigeant sur le plan physique. Cette
exigence augmente dramatiquement lorsque ce sport est pratiqué dans l’environnement unique de la haute altitude.
Qu’est-ce que la haute altitude?
De façon générale, la haute altitude signifie tout endroit se trouvant à plus de 5280’ (1610m) au-dessus du niveau de la mer.
L’altitude moyenne du Colorado est de 6800’ (2073m) et plus de la moitié de la superficie de cet état se trouve à plus de 5280’.
Donc, logiquement, la plupart du temps passé au Colorado sera en haute altitude. Si vous prévoyez passer un séjour dans la région
montagneuse du Colorado, sachez que vous ne vous trouverez que rarement à moins de 8000’ (2439m) d’altitude, les villes et les
campings étant principalement situés entre 8000’ (2439m) et 10 000’ (3049m). Pour les randonnées en montagne, elles se déroulent
presque toujours à plus de 10000’ et un grand nombre de sommets culminent à plus de 13 120’ (4000m). Cela revient à dire que les
effets de l’altitude sont inévitables.
Quels sont les effets de la haute altitude?
En haute altitude, tout le monde est affecté à un certain degré. Les effets varient d’un individu à l’autre et couvrent une
variété de symptômes. Les deux principales différences entre les zones de basse altitude (le Québec par exemple) et les zones
de haute altitude sont : diminution de la densité de l’air et diminution de l’humidité contenue dans l’air. À une altitude de
8000’ (2439m) à 10 000’ (3049m), l’air est 40 à 45% moins dense (créant ainsi le sentiment du manque d’oxygène) et le taux
d’humidité est de 50 à 80% plus bas qu’au niveau de la mer. Un passage rapide de la basse à la haute altitude peut produire les
symptômes suivants : mal de tête, nausées, congestion nasale, souffle court, insomnie, diarrhée, essoufflement intense, palpitations
ou battements cardiaques rapides, fatigue facile, intolérance à l’exercice, perte d’appétit, étourdissements, flatulence accrue
et toux. Des effets plus graves peuvent survenir dans certains cas : souffle encore plus court, toux constante et oedème
(accumulation de fluide dans les poumons). Dans le cas d’un oedème, le retour à basse altitude est primordial et une
hospitalisation est nécessaire.
Que doit-on faire pour s’acclimater à la haute altitude?
Les effets normaux de la haute altitude seront portés à disparaître au fur et à mesure que le corps s’adaptera au plus faible
niveau d’oxygène et d’humidité. Le processus d’acclimatation peut durer de quelques jours à quelques semaines, dépendamment
des personnes. Ne vous en demandez pas trop physiquement lors de votre arrivée en haute altitude. Mangez de la nourriture
légère, buvez beaucoup mais évitez l’alcool, du moins pour les 48 à 72 premières heures. L’alcool ne fait qu’aggraver les
symptômes. Les premiers jours, minimisez votre exercice physique. Un exercice physique trop intense le premier jour, alors
que votre corps n’est pas adapté, peut amener des symptômes plus importants et plus persistants. Si vous avez déjà eu une
attaque cardiaque ou si vous avez des problèmes pulmonaires, il est primordial de demander à votre médecin avant d’aller
en haute altitude. Les problèmes pulmonaires temporaires, du genre pneumonie, doivent être complètement réglés avant un
séjour en haute altitude, car sinon, ils seront intensifiés et persisteront. Les femmes enceintes devraient également
consulter un médecin avant un séjour en altitude.
Quelques suggestions finales
Nutrition : Évitez de manger gras et limitez votre consommation de protéine (viande…). Mangez des aliments énergétiques (glucides)
comme des pâtes, du pain, des fruits énergétiques (dattes). Buvez beaucoup d’eau ou de jus. Évitez l’alcool.
Exercice : Minimisez l’exercice le premier jour. Commencez par un mont très facile le deuxième jour ou faites une marche d’altitude
sur le sentier plat qui débute au stationnement de
Independance Pass, à 12 095’. Prenez des pauses fréquemment.
Soleil : Protégez-vous des rayons UV qui sont beaucoup plus forts en altitude : lunette de soleil, calotte et crème solaire
(protection 30+) recommandées.
Vêtement : Apportez toujours des vêtements chauds : coupe-vent, polar, tuque et gants. Il fait parfois très froid sur les
sommets de plus de 14 000’, même en juillet. Voir aussi
section climat.
Effets que nous avons personnellement ressentis
Pour 15 jours passés entre 7900' (2409m) et 14 433' (4400m). Coucher le plus bas = 8200' (2500m)
Danny : Mal de tête et quelques étourdissement lors de l'arrivée dans les Rocheuses. Gros mal de tête et essoufflement intense (en montée) lors des premières randonnées.
Ce mal de tête s'intensifiait durant la descente, et diparaissait quelques heures après la randonnée. Les effets étaient plus intenses à plus de 13 000'. Plus d'effets
après 5 jours, à l'exception de l'essoufflement intense lors des montées. Après une semaine, aucune différence apparante d'avec la basse altitude,
excepter lors des montées. Aucun problème d'insomnie, d'appétit ou de nausée durant tout le voyage, mais quelques problème de diarrhé les premiers jours.
Karl : Mal de tête,aux sinus et quelques étourdissement lors de l'arrivée dans les rocheuses. Gros mal de tête et essoufflement intense (en montée) lors des premières randonnées.
Les effets étaient plus intenses à plus de 13 000'. Durant la troisième nuit, augmentation considérable du rythme cardiaque et diarrhé fréquente et déshydratation.Plus d'effets
après 5 jours, à l'exception de l'essoufflement intense lors des montées. Après une semaine, aucune différence apparente d'avec la basse altitude,
excepté lors des montées. Aucun problème d'insomnie, d'appétit ou de nausée durant tout le voyage. Bref, à l'exception de la troisième nuit pour moi, l'acclimatation s'est quand même bien déroulée.
Voiture : La Mazda Protegé 2002 semblait avoir perdu la moitié de ses 132 HP à plus de 10 000'.
À 12 000', les pneus étaient à 42 psi, soit leur maximum. Ils sont à 35 psi en basse altitude. Aucun problème de démarrage.